Lycées : pas de passé, pas d’avenir !

Qui va améliorer leur sort, si tout se décide à Paris ?

On passera sur les scènes des casseurs qui tournent en boucle et ne concernent qu’une petite partie de la jeunesse, celle-ci, irresponsable, et n’est bien souvent même pas inscrite en lycée. Un sujet qu’il faudra bien régler un jour cependant.

Néanmoins, la grande majorité des lycéens manifeste dans le calme, souhaite trouver sa place demain dans la vie active. Ces rassemblements massifs et spontanés ne sont-ils pas l’expression d’un malaise profond ?

Ils devraient préparer leur avenir… mais pourront-ils demain se loger et travailler là où ils ont grandi ? Quelle place trouveront-ils dans cette société où la spéculation passe avant l’éducation ?

On leur fait réciter une histoire, mais savent-ils que ce n’est pas la leur ? Savent-ils qu’on leur a enlevé ce qui devrait faire d’eux des citoyens : disparue la conscience qu’ils sont un peuple, ici en Pays de Savoie, ailleurs dans les autres territoires de France ? Comme si l’idée de peuple ne devait s’appliquer qu’à une masse uniforme de 68 millions d’habitants, contrôlée par des élites lointaines. N’y a-t-il pas de plus belle définition du peuple, que celle de la communauté soucieuse de son destin ?

Savent-ils que dans les écoles de Savoie, on a fait brûler nos livres d’histoire en 1920 et l’on a supprimé notre rectorat par décret présidentiel ?

On leur inculque que l’organisation en grandes régions autour de grandes villes métropolitaines serait une nécessité économique. On leur fait réciter que la France une et indivisible garantit l’égalité des chances dans tout l’Hexagone.

On ne leur dit jamais que le niveau de richesse de Paris est trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la France (PIB/hab. — Paris (75) : 122 918 € ; France : 40 708 €).

On leur impose Parcoursup, la grande machine égalitaire et kafkaïenne, l’application qui choisit votre avenir pour vous, on ne sait jamais comment, avec toutes les zones d’ombre qu’elle suscite.

Qui décide de notre avenir en France ? Le savez-vous, 78 % des élèves de l’école Polytechnique proviennent d’un lycée francilien ; les deux premiers, Henri-IV et Louis-le-Grand, fournissent aussi à eux seuls, 25 % des normaliens. Plus de 70 % des admis à l’ENA sont passés par Sciences Po Paris.

Qu’importe s’il y a 35 élèves par classe en province, avec des profs absents ou recrutés sur Le Bon Coin ?

Qui va améliorer leur sort, si tout se décide à Paris ?

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