Jean-Luc est décédé le 15 juin, à Naples. C’est avec une grande tristesse que nous avons appris cette disparition brutale, lui qui était toujours hyperactif, passionné de montagne, et aussi de Savoie…
Suite à un long retour du corps dû au passage de la frontière, ses funérailles ont été célébrées le 4 juillet en l’église de Messery. Très apprécié dans son milieu professionnel, un grand nombre d’avocats sont venus lui témoigner leur sympathie. De très beaux hommages ont été apportés par plusieurs orateurs et oratrices. L’attachement à la Savoie, qu’il savait affirmer avec assurance, représentait une part importante de son identité. A la fin de la cérémonie, les Allobroges ont été chantées dans l’église. La famille a souhaité qu’une quête collecte soit organisée à la sortie de l’église en faveur du « Mouvement régionaliste Sabaudia MRS ». Nous en sommes honorés, et nous conviendrons avec elle de l’action que nous mettrons en œuvre.
Jean-Luc, je l’ai rencontré je crois dès la première fois où j’ai assisté à une réunion du Mouvement Région Savoie, il y a une quinzaine d’années. Mais lui, il suivait le mouvement depuis les débuts.
Quand celui-ci a été fondé, autour de 1972, lors de la création des régions administratives en France, Jean-Luc avait 24 ans, il devait encore être étudiant. Je sais qu’il s’est employé très tôt à afficher cette revendication de Région Savoie et à y participer en jeune militant actif, par de la « décoration murale urbaine », si on peut dire les choses ainsi.
Revendiquer une région Savoie, ce n’est pourtant pas demander la lune, et c’est une attente tout à fait logique pour quiconque connaît notre riche histoire, notre riche culture, et a conscience des spécificités de notre territoires et de sa population. Cette idée n’a rien de passéiste, ni de conservatrice ou de réactionnaire, comme essayent de le faire croire les détracteurs de cette cause, jouant sur le sentiment de loyauté qu’il faudrait entretenir sans réfléchir, vis-à-vis d’une administration française toute puissante et inflexible.
Jean-Luc n’a jamais fléchi devant les intimidations, qui sont bien présentes dans tous les milieux professionnels. Il a su toujours prendre du recul et ne jamais renoncer à l’amour de son pays, de sa population, dans l’idée que la défense du bien commun était avant tout une affaire humaine, qui se passait par le niveau local, avec les siens, autour de soi, et dans le respect d’autrui.
Il savait trouver les mots affirmant le bien fondé de ses engagements. Il possédait aussi la nationalité suisse et suivait avec intérêt les débats et les votations helvétiques : un mode démocratique qu’il projetait aussi pour la Savoie. Jean-Luc a été actif aussi lorsque la cour d’appel de Chambéry était menacée. A plus de 70 ans, Jean-Luc était un homme moderne, actif sur les réseaux sociaux, auteur d’une pétition pour la défense du conseil Savoie-Mont-Blanc et animateur d’un groupe de discussion SOS Savoie.
C’est avec beaucoup de tristesse et même un fond de colère que nous voyons Jean-Luc nous quitter, sans qu’il ait pu connaître la mise en œuvre d’une collectivité de Savoie réunie, projet pourtant accessible, de bon sens, mais réduit à d’incessants blocages.
Au nom de toute notre association, je tiens, Jean-Luc, à te dire merci. Merci pour tout ce que tu nous as apporté. Merci pour ton opiniâtre engagement. Merci pour ta sympathie. Merci pour ta bienveillance, ta clairvoyance. Merci pour tes compétences juridiques et pour la défense que tu nous as apportée sans hésiter lorsque nous en avions besoin. Merci pour ta manière d’être agréable, conviviale, pour la chaleur et en même temps la détermination de tes paroles.
Arvi Jean-Luc.
Pour Sabaudia-MRS.
Laurent Blondaz

